Bon aller elle s'ennuie donc le décompte de la nouvelle année, c'est pour maintenant.
Elle est debout, les écouteurs dans les oreilles, les mains dans les poches. Elle a les poings fermés. 3 ...... 2 ......1 BONNE ANNEE
Ouah, elle sort les mains de ses poches et se met à jeter des confettis, fait à la main s'il vous plait !
Cette scène quoique pitoyable est véridique, mais elle a le sourire voyez vous. Elle a toujours eu peur de ne pas être à sa place à l'endroit où elle désirait le plus se trouver.
A ce moment précis, elle est seule. Elle ne gène personne. Elle est bien, elle se sent le cœur léger. Elle a horreur d'embêter les gens.
-"Que vous souhaiter pour la nouvelle année ?"
-"Oh, voir plus loin que le bout de mon nez, me semble déjà pas mal. Ensuite les bla-bla habituels. Enfin vous voyez de quoi je veux parler."
Elle est là, debout, immobile, une main dans une poche, et l'autre près de la bouche, l'ongle du pouce en train d'être rongé. Elle est souvent comme cela quand elle attend, ou lorsque quelqu'un lui parle et qu'elle est intimidée. Elle reste comme cela en plein milieu d'une pièce, elle essaie de se faire toute mais alors toute petite, minuscule, poussière, rien.
Elle porte les chaussures qu'elle vient juste de se payer. Elle les aime beaucoup. Confortables, chaudes, mais peut être trop différentes des "cases" imposées par la société.
Ses chaussures, elles sont vertes. Vernies vertes. Pour ne pas citer la marque, (Doc Martens), ce n'est pas donné. Mais quand c'est beau, ca vaut le coup non ?
Bon, donc elle est là avec des chaussures que tout le monde regarde, ce qui ne la dérange pas, enfin plus. En fait, grâce aux couleurs, à la différence, à la toute petite pointe d'originalité qu'elle essaie de créer dans sa vie, elle donne un énorme coup pied aux aléas de la vie. Et pan, en pleine face. Ca c'est du coup pied !!!!
jeudi 31 décembre 2009
mardi 29 décembre 2009
Fini !
Mens sana in corpore sano...
" Réjouissons-nous de mourir, car l'âme alors se délie enfin du corps, cette source perpétuelle d'erreurs et d'égarements... Le plus petit vient du plus grand, le plus froid du plus chaud, dormir d'être éveillé, le mort du vivant, et le vivant de la mort... Si les choses vivantes, une fois mortes, le restaient à jamais, comment éviter alors que le tout, à la fin, ne finisse englouti dans la mort ?... Les âmes, indestructibles, voyagent de corps en corps, de vie en vie..."
A fini Socrate dans la nuit. C'est un sacré, Socrate ! Si si !
" Si c'est maintenant, ce n'est pas à venir. Si ce n'est pas à venir, ce sera maintenant" ........
Est-ce qu'on peut jouer Hamlet sans casser des oeufs, ça n'est pas sûr...
" Réjouissons-nous de mourir, car l'âme alors se délie enfin du corps, cette source perpétuelle d'erreurs et d'égarements... Le plus petit vient du plus grand, le plus froid du plus chaud, dormir d'être éveillé, le mort du vivant, et le vivant de la mort... Si les choses vivantes, une fois mortes, le restaient à jamais, comment éviter alors que le tout, à la fin, ne finisse englouti dans la mort ?... Les âmes, indestructibles, voyagent de corps en corps, de vie en vie..."
A fini Socrate dans la nuit. C'est un sacré, Socrate ! Si si !
" Si c'est maintenant, ce n'est pas à venir. Si ce n'est pas à venir, ce sera maintenant" ........
Est-ce qu'on peut jouer Hamlet sans casser des oeufs, ça n'est pas sûr...
lundi 28 décembre 2009
Recherches.
C'est quoi l'identité ? Et le nom ? Elle est perdue.
Maman pas là, alors elle décide de trouver des informations sur son Papa, de les voler.
Elle se prépare, consciencieusement : Une douche, on lave d'abord les cheveux, le corps ensuite. On rince. Ensuite on met de l'après shampoing, et pendant que le produit agit, on se brosse les dents. On rince une deuxième fois. Le rituel est terminé. En sortant de la douche, on prend le peignoir, une serviette dans laquelle on enroule ses cheveux, on remonte le tout, hop ca aussi c'est fait.
Ha oui, faut pas oublier les lentilles : Œil gauche, puis œil droit, toujours dans cet ordre. Maintenant, on met les habits, tranquillement, solennellement. Sort de la salle de bain, 11 pas précisément et hop elle est dans sa chambre. Prend un pantalon dans le tiroir, un haut dans sa penderie. Oui ca fera l'affaire, de toute façon c'est pas le plus important ! Oh quand même ... Bon ca, ca va aller avec la ceinture et les chaussures, aller c'est bon.
Une fois habillée, elle brosse ses cheveux puis les sèchent. NON, y'a de l'électricité statique, pffff, bon bah tant pis on fera avec.
Les cheveux, ca peut aller, maintenant un peu de crayon noir, de mascara, d’anticernes, voilà c'est fini. 48 minute et 36 secondes, ha quand même ! Bah s'en fiche maman est pas là ...
Elle est prête pour y aller.
Elle sort, traverse le garage et arrive dans une pièce très humide. Elle monte une échelle et arrive au grenier. L'antre de la maison, la pièce interdite.
......Mais y'a rien là dedans ! ......
Des cartons, de la poussière, elle est déçue.
......Pas grave, aller va s'y, avance, maintenant que tu y es ......
Elle ouvre tous les cartons, sort tout, range tout, faut pas qu'on voit qu'elle est venue.
Ses découvertes lui donnent la larme à l'œil. Il y a des photos de papa.
......Prends les, caches les, faut pas que maman te les reprenne, c'est les premières photos que tu as de lui, surtout trouve une bonne cachette sinon ......
Les photos, les papiers d'identité, elle prend tout.
......Aller, dépêche toi, maman va rentrer, aller !! ......
C'est bon elle est dans sa chambre, elle peut regarder son trésor en toute sécurité.
Les photos : ouha il est beau son papa. Athlétique, grand, elle est soufflée, s'en rappelait plus.
Les papiers d'identité : Prénom, date de naissance, ca colle, mais le nom, c'est pas le bon. Comprend pas la. Elle tourne les pages ; Adopté. Papa adopté ! Quoi ? C'est pas possible, il doit y avoir une erreur, non, ce n'est pas possible.
Elle se balance d'avant en arrière.
......Calme toi, calme toi, faut te contrôler, surtout......
Qu'est ce qu'elle doit penser, ou panser pour l'instant. Déchirure, incompréhension, rage ... Sait pas. Inspiration, relâchement.
Dites, c'est quoi l'identité ? Et le nom ?
Maman pas là, alors elle décide de trouver des informations sur son Papa, de les voler.
Elle se prépare, consciencieusement : Une douche, on lave d'abord les cheveux, le corps ensuite. On rince. Ensuite on met de l'après shampoing, et pendant que le produit agit, on se brosse les dents. On rince une deuxième fois. Le rituel est terminé. En sortant de la douche, on prend le peignoir, une serviette dans laquelle on enroule ses cheveux, on remonte le tout, hop ca aussi c'est fait.
Ha oui, faut pas oublier les lentilles : Œil gauche, puis œil droit, toujours dans cet ordre. Maintenant, on met les habits, tranquillement, solennellement. Sort de la salle de bain, 11 pas précisément et hop elle est dans sa chambre. Prend un pantalon dans le tiroir, un haut dans sa penderie. Oui ca fera l'affaire, de toute façon c'est pas le plus important ! Oh quand même ... Bon ca, ca va aller avec la ceinture et les chaussures, aller c'est bon.
Une fois habillée, elle brosse ses cheveux puis les sèchent. NON, y'a de l'électricité statique, pffff, bon bah tant pis on fera avec.
Les cheveux, ca peut aller, maintenant un peu de crayon noir, de mascara, d’anticernes, voilà c'est fini. 48 minute et 36 secondes, ha quand même ! Bah s'en fiche maman est pas là ...
Elle est prête pour y aller.
Elle sort, traverse le garage et arrive dans une pièce très humide. Elle monte une échelle et arrive au grenier. L'antre de la maison, la pièce interdite.
......Mais y'a rien là dedans ! ......
Des cartons, de la poussière, elle est déçue.
......Pas grave, aller va s'y, avance, maintenant que tu y es ......
Elle ouvre tous les cartons, sort tout, range tout, faut pas qu'on voit qu'elle est venue.
Ses découvertes lui donnent la larme à l'œil. Il y a des photos de papa.
......Prends les, caches les, faut pas que maman te les reprenne, c'est les premières photos que tu as de lui, surtout trouve une bonne cachette sinon ......
Les photos, les papiers d'identité, elle prend tout.
......Aller, dépêche toi, maman va rentrer, aller !! ......
C'est bon elle est dans sa chambre, elle peut regarder son trésor en toute sécurité.
Les photos : ouha il est beau son papa. Athlétique, grand, elle est soufflée, s'en rappelait plus.
Les papiers d'identité : Prénom, date de naissance, ca colle, mais le nom, c'est pas le bon. Comprend pas la. Elle tourne les pages ; Adopté. Papa adopté ! Quoi ? C'est pas possible, il doit y avoir une erreur, non, ce n'est pas possible.
Elle se balance d'avant en arrière.
......Calme toi, calme toi, faut te contrôler, surtout......
Qu'est ce qu'elle doit penser, ou panser pour l'instant. Déchirure, incompréhension, rage ... Sait pas. Inspiration, relâchement.
Dites, c'est quoi l'identité ? Et le nom ?
dimanche 27 décembre 2009
Visions.
Elle a de plus en plus d'absences. On lui parle, ils croient qu'elle écoute, mais en fait pas du tout. Souvent ils ne s'en aperçoivent pas, tant mieux pour elle, mais certains lui disent " tu as fait ci ? Tu te rappelles de ce que j’ai dit l’autre jour ? " Et là que dire ? " Non, tu ne me l'as pas dit." ou " Désolée je ne m'en souviens pas".
Quoi, c'est sa mémoire qui lui joue des tours ou alors ce qu'on lui raconte ne l'intéresse pas vraiment ?
Elle opte plutôt pour la deuxième solution, quoique la première ne soit pas fausse non plus.
Alors pourquoi n'arrive-t-elle pas à s'intéresser réellement à ce que lui disent certains ?
Disons qu'elle part dans ses pensées ; Elle met en relation des livres qu'elle a lus, mais le pire, c'est qu'elle voit des images bien morbides. C'est pas bon ça !
Elle voit le corps de son père boursouflé par l'humidité. Elle imagine sa peau noire, l'odeur de la mort aussi. Elle voit la peau tombée en lambeaux, laissant voir les os. Reste les cheveux, oui, les cheveux peuvent rester longtemps sur un mort ! Elle entrevoit les insectes qui lui rongent le peu de chair qui lui reste. Les boyaux, l'estomac, les poumons, le foie, les muscles, ils bouffent tout, ces bêtes là ! Elle pense à tout cela : C’est vraiment pas bon.
Tente de se reconnecter à la réalité, mais pas facile. Le pire, c'est qu'elle ne le fait pas exprès. Le temps s'écoule vite, très vite, et elle, avec sa petite tête, elle tente de l'arrêter... Sait vraiment pas quoi faire, et puis, sur ce coup là, il n’y a personne pour l’aider .....
Quoi, c'est sa mémoire qui lui joue des tours ou alors ce qu'on lui raconte ne l'intéresse pas vraiment ?
Elle opte plutôt pour la deuxième solution, quoique la première ne soit pas fausse non plus.
Alors pourquoi n'arrive-t-elle pas à s'intéresser réellement à ce que lui disent certains ?
Disons qu'elle part dans ses pensées ; Elle met en relation des livres qu'elle a lus, mais le pire, c'est qu'elle voit des images bien morbides. C'est pas bon ça !
Elle voit le corps de son père boursouflé par l'humidité. Elle imagine sa peau noire, l'odeur de la mort aussi. Elle voit la peau tombée en lambeaux, laissant voir les os. Reste les cheveux, oui, les cheveux peuvent rester longtemps sur un mort ! Elle entrevoit les insectes qui lui rongent le peu de chair qui lui reste. Les boyaux, l'estomac, les poumons, le foie, les muscles, ils bouffent tout, ces bêtes là ! Elle pense à tout cela : C’est vraiment pas bon.
Tente de se reconnecter à la réalité, mais pas facile. Le pire, c'est qu'elle ne le fait pas exprès. Le temps s'écoule vite, très vite, et elle, avec sa petite tête, elle tente de l'arrêter... Sait vraiment pas quoi faire, et puis, sur ce coup là, il n’y a personne pour l’aider .....
samedi 26 décembre 2009
" ... "
" Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute... "
" Nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité. "
Boum boum, pa pa, boum ... boum, pa ... pa, boum ...... boum, pa ...... pa, boum ......... boum, pa ......... pa, boum .................... boum, boum boum, boum boum, boum boum, boum boum, boum boum.
Gagne le vide et perd papa.
C'est une Championne dans son genre !
" Nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité. "
Boum boum, pa pa, boum ... boum, pa ... pa, boum ...... boum, pa ...... pa, boum ......... boum, pa ......... pa, boum .................... boum, boum boum, boum boum, boum boum, boum boum, boum boum.
Gagne le vide et perd papa.
C'est une Championne dans son genre !
vendredi 25 décembre 2009
Cynisme.
Aujourd'hui elle a était particulièrement étrange, cynique, enfin disons qu'elle a réellement prit son pied.
Repas de famille, réveillon, monde, nourriture. Cela devient intéressant ! Pendant tout un après midi elle a pu se délecter en les regardant manger, enfin plutôt "bouffer" (n'ayons pas peur des mots), oui "bouffer" comme des porcs.
Boudins, toast, foie gras, saumon, crème fraiche, sauce, huile, fromage, chocolats, bûche, ......
Elle les a regardé pendant toute cette foire, ces yeux pétillaient. Plus ils se goinfraient, plus elle était émue. Elle voyait leurs mentons luire à cause de l'huile, leurs joues rouges à cause de l'alcool.
Elle n'a jamais autant rit à l'intérieur d'elle. Un rire bien sadique, comme elle les aime.
Ils étaient pitoyables, et elle était spectatrice. Le premier rang, rendez vous compte !
Elle mange des livres et boit des paroles, eux dilapident un pauvre poulet, et boivent du vin.
Aujourd'hui elle a réellement prit son pied, disons qu'elle a était particulièrement cynique et étrange.
(La Méchante qu'elle est s'excuse aux peu de lecteurs (s'il y en a) de ce qu'elle vient de dire ! )
Repas de famille, réveillon, monde, nourriture. Cela devient intéressant ! Pendant tout un après midi elle a pu se délecter en les regardant manger, enfin plutôt "bouffer" (n'ayons pas peur des mots), oui "bouffer" comme des porcs.
Boudins, toast, foie gras, saumon, crème fraiche, sauce, huile, fromage, chocolats, bûche, ......
Elle les a regardé pendant toute cette foire, ces yeux pétillaient. Plus ils se goinfraient, plus elle était émue. Elle voyait leurs mentons luire à cause de l'huile, leurs joues rouges à cause de l'alcool.
Elle n'a jamais autant rit à l'intérieur d'elle. Un rire bien sadique, comme elle les aime.
Ils étaient pitoyables, et elle était spectatrice. Le premier rang, rendez vous compte !
Elle mange des livres et boit des paroles, eux dilapident un pauvre poulet, et boivent du vin.
Aujourd'hui elle a réellement prit son pied, disons qu'elle a était particulièrement cynique et étrange.
(La Méchante qu'elle est s'excuse aux peu de lecteurs (s'il y en a) de ce qu'elle vient de dire ! )
Poids.
Elle vient de se rendre compte qu'elle écrit tous les jours, sans vraiment réfléchir aux mots qu'elle va jeter. Pas de feuilles, ni de crayons, non internet. Plus facile peut être. Plus belle écriture que la sienne, déjà ça, c'est sûr....
Le mot "mort" est écrit, poids de plomb, poids de neuf années d'espérance. Elle pensait qu'en l'écrivant, tout exploserait en elle, qu'elle arrêterait de croire qu'il est toujours vivant, qu'il reviendrait, comme dans les films américains, comme dans les films bidons.
Pourtant cette nuit, elle a attendu : 23h00 personne, 00h00 personne, 1h00 personne, 2h00 elle entend une voiture qui se gare, des gens rient, non ce n'est pas lui, 3h00 personne, ......., non faut pas dormir, ....., mince 4h23, elle se lève, eau froide sur le visage, pas là Papa, 5h00 toujours personne mais elle n'abandonne pas, on sait jamais, 6h00 rien, 7h00,8h00, 8h31 rien toujours rien, jamais rien.
" Pourquoi tu n'es pas venu ? Dis moi pourquoi tu n'es jamais là quand j'en ai juste un petit peu besoin ? Pourquoi tu es parti ? Je n'ai rien fait de mal, enfin je ne crois pas..."
Elle le sait bien que beaucoup d'autres souffrent plus qu'elle, qu'elle s'apitoie sur son sort, comme une petite fille pourrie gâtée, mais elle étouffe, elle suffoque, elle croie qu'il va revenir, elle n'arrive pas à voir la réalité en face. Mérite une bonne claque !
Sa maman est là, mais arrive pas, c'est méchant mais arrive pas à l'aimer autant que Papa, autant qu'un mort, autant qu'un amat de poussière dans une tombe de marbre horriblement moche, autant que le plus bel homme du monde, de son monde.
Le mot "mort" est écrit, poids de plomb, poids de neuf années d'espérance. Elle pensait qu'en l'écrivant, tout exploserait en elle, qu'elle arrêterait de croire qu'il est toujours vivant, qu'il reviendrait, comme dans les films américains, comme dans les films bidons.
Pourtant cette nuit, elle a attendu : 23h00 personne, 00h00 personne, 1h00 personne, 2h00 elle entend une voiture qui se gare, des gens rient, non ce n'est pas lui, 3h00 personne, ......., non faut pas dormir, ....., mince 4h23, elle se lève, eau froide sur le visage, pas là Papa, 5h00 toujours personne mais elle n'abandonne pas, on sait jamais, 6h00 rien, 7h00,8h00, 8h31 rien toujours rien, jamais rien.
" Pourquoi tu n'es pas venu ? Dis moi pourquoi tu n'es jamais là quand j'en ai juste un petit peu besoin ? Pourquoi tu es parti ? Je n'ai rien fait de mal, enfin je ne crois pas..."
Elle le sait bien que beaucoup d'autres souffrent plus qu'elle, qu'elle s'apitoie sur son sort, comme une petite fille pourrie gâtée, mais elle étouffe, elle suffoque, elle croie qu'il va revenir, elle n'arrive pas à voir la réalité en face. Mérite une bonne claque !
Sa maman est là, mais arrive pas, c'est méchant mais arrive pas à l'aimer autant que Papa, autant qu'un mort, autant qu'un amat de poussière dans une tombe de marbre horriblement moche, autant que le plus bel homme du monde, de son monde.
jeudi 24 décembre 2009
" Il y a des absents ? "
Tous les matins, non, plus précisément toutes les heures, assise sur sa chaise elle entend cette question : " Il y a des absents ? ".
Depuis toutes ces années, elle a envie de se lever, et de dire : " Oui, mon père est absent. Il risque de l'être pendant un moment. Enfin ne vous inquiétez pas, je vais l'appeler ce soir pour savoir s'il va mieux. "
Elle imagine déjà toutes les têtes se tournées vers elle, les petits ricanements faire échos dans sa tête, dans son cœur, dans son ventre.
Le lendemain, il y aurait cette même question : " Il y a des absents ?". Elle se relèverait et elle dirait : " Oui, mon père est toujours absent. Désolée j'ai essayé de l'appeler hier, mais personne n'a répondu, je ressaierai ce soir. "
Il y aurait toujours les mêmes réactions, mais elle n'y ferait plus vraiment attention.
Le surlendemain encore cette question : "Il y a des absents ? " Elle se relèverait une fois de plus et elle dirait : " Oui mon père. Mais il ne reviendra pas. Non non, ne vous inquiétez pas, il est juste mort. "
Depuis toutes ces années, elle a envie de se lever, et de dire : " Oui, mon père est absent. Il risque de l'être pendant un moment. Enfin ne vous inquiétez pas, je vais l'appeler ce soir pour savoir s'il va mieux. "
Elle imagine déjà toutes les têtes se tournées vers elle, les petits ricanements faire échos dans sa tête, dans son cœur, dans son ventre.
Le lendemain, il y aurait cette même question : " Il y a des absents ?". Elle se relèverait et elle dirait : " Oui, mon père est toujours absent. Désolée j'ai essayé de l'appeler hier, mais personne n'a répondu, je ressaierai ce soir. "
Il y aurait toujours les mêmes réactions, mais elle n'y ferait plus vraiment attention.
Le surlendemain encore cette question : "Il y a des absents ? " Elle se relèverait une fois de plus et elle dirait : " Oui mon père. Mais il ne reviendra pas. Non non, ne vous inquiétez pas, il est juste mort. "
mardi 22 décembre 2009
Lettre à Papa.
"Coucou Papa,
Tu vois maintenant je sais écrire, comme une grande. La maîtresse est très contente de moi. J’apprends mes leçons tous les soirs, mais je ne sais pas ce que fait maman. Je vais bien, et puis il y a de la neige, un tout petit peu, mais j'ai pu faire un bonhomme de neige dans le jardin.
Maman travaille beaucoup tu sais, alors je ne parle pas souvent avec elle.
Je ne vais plus au judo, on a plus le temps de me conduire. J'aimais bien le judo.
Dis tu te rappelles quand tu me conduisais, que j'étais tout devant sur ta moto, même que c'était moi qui conduisait ? C'était chouette !
Je suis dans une nouvelle maison, pas loin de chez papy. Je ne sais pas le prénom de la ville, pourtant j'ai essayé de le retenir dans ma tête mais il est parti. Quand tu reviendras tu le sauras !!
Dis c'est quand que tu reviens ?
Il n'y a pas longtemps, je suis allée dans un endroit très grand, où il faisait très froid. Il y avait un grand monsieur habillé tout en blanc, et puis beaucoup, beaucoup de monde. Toi, tu n'étais pas là, pourtant j'ai entendu qu'on t'appelait. Tu sais, tu as bien fait de ne pas venir, parce que les gens, et bien ils pleuraient tous. Moi je n'ai même pas pleuré, je ne savais pas où j'étais, et puis je suis une grande !
Dis Papa c'est quand que tu rentres à la maison ?"
C'est en rangeant sa chambre qu'elle a retrouvé cette lettre. Pouvait pas attendre, elle a enfourché son vélo et elle est partie.
A cause du vent, des larmes coulaient sur ses joues. C'est une grande, elle ne pleure pas !
Elle relit la lettre, puis la plie consciencieusement. Elle la glisse dans la tombe.
Le peu de fleur qu'il y a sur le dessus, elle l'enlève, et elle s'allonge. Elle grelotte ; Qu'est ce qu'il doit avoir froid son papa !!
Tu vois maintenant je sais écrire, comme une grande. La maîtresse est très contente de moi. J’apprends mes leçons tous les soirs, mais je ne sais pas ce que fait maman. Je vais bien, et puis il y a de la neige, un tout petit peu, mais j'ai pu faire un bonhomme de neige dans le jardin.
Maman travaille beaucoup tu sais, alors je ne parle pas souvent avec elle.
Je ne vais plus au judo, on a plus le temps de me conduire. J'aimais bien le judo.
Dis tu te rappelles quand tu me conduisais, que j'étais tout devant sur ta moto, même que c'était moi qui conduisait ? C'était chouette !
Je suis dans une nouvelle maison, pas loin de chez papy. Je ne sais pas le prénom de la ville, pourtant j'ai essayé de le retenir dans ma tête mais il est parti. Quand tu reviendras tu le sauras !!
Dis c'est quand que tu reviens ?
Il n'y a pas longtemps, je suis allée dans un endroit très grand, où il faisait très froid. Il y avait un grand monsieur habillé tout en blanc, et puis beaucoup, beaucoup de monde. Toi, tu n'étais pas là, pourtant j'ai entendu qu'on t'appelait. Tu sais, tu as bien fait de ne pas venir, parce que les gens, et bien ils pleuraient tous. Moi je n'ai même pas pleuré, je ne savais pas où j'étais, et puis je suis une grande !
Dis Papa c'est quand que tu rentres à la maison ?"
C'est en rangeant sa chambre qu'elle a retrouvé cette lettre. Pouvait pas attendre, elle a enfourché son vélo et elle est partie.
A cause du vent, des larmes coulaient sur ses joues. C'est une grande, elle ne pleure pas !
Elle relit la lettre, puis la plie consciencieusement. Elle la glisse dans la tombe.
Le peu de fleur qu'il y a sur le dessus, elle l'enlève, et elle s'allonge. Elle grelotte ; Qu'est ce qu'il doit avoir froid son papa !!
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